Agenda



     IFREFI 2009 à Cotonou :

    Sommaire :
  • 1ère Journée
  • 2ème Journée
  • 3ème Journée
  • Conclusion


  • COTONOU 2009 : LA 8ème RENCONTRE ANNUELLE DE L'IFREFI

    Un compte-rendu de M. Edoh-Kossi Aménounvé, secrétaire général du Conseil régional de l'épargne publique et des marchés financiers

    Cotonou, les 18, 19 et 20 mai 2009

     

    1ère Journée

    Le lundi 18 mai 2009 à 9 heures, s'est ouvert, au Centre International de Conférences (CIC) de Cotonou, la 8ème réunion annuelle de l'Institut Francophone de la Régulation Financière (IFREFI).

    La cérémonie d'ouverture officielle, présidée par le Ministre d'Etat, Chargé de la Prospective, du Développement et de l'Evaluation de l'Action Publique, Monsieur Pascal I. KOUPAKI, représentant le Chef de l'Etat, le Docteur Boni YAYI, a débuté avec le mot de bienvenue de Monsieur Edoh Kossi AMENOUNVE, Secrétaire Général du CREPMF. Il a été suivi de l'allocution de Monsieur Martin GBEDEY, Président du CREPMF, puis de celle de Monsieur Jean-Paul SERVAIS, Président de l'IFREFI qui a rappelé l'historique de l'IFREFI avant d'identifier les principaux défis auxquels fait face l'Institut dans le contexte actuel de crise financière internationale.

    Il a été enfin procédé à l'ouverture officielle de la cérémonie, avec l'allocution du Ministre d'Etat qui, après avoir rappelé l'intérêt que présente la rencontre pour les Autorités de l'UEMOA, a présenté les différentes mesures prises au sein de l'Union dans la perspective d'une gestion efficace de la crise financière dont les effets se sont fait ressentir sur l'économie de l'Union depuis le quatrième trimestre 2008.

    Le Ministre d'Etat a procédé à l'ouverture officielle de la réunion en souhaitant que les conclusions et recommandations de la rencontre de Cotonou contribuent à améliorer la supervision du système financier international.

    La réunion des Présidents des Autorités de régulation membres de l'IFREFI s'est ensuite tenue en fin de matinée.

    Cette réunion a, entre autres, fait le tour d'horizon des évolutions réglementaires dans les différentes juridictions et tiré les enseignements de la crise en vue d'une meilleure régulation financière.

    Au titre des communications faites, le Président de l'IFREFI, Président de la Commission Bancaire, Financière et des Assurances (CBFA) de la Belgique a procédé à une présentation du rôle joué par les agences de notation sur les marchés financiers et particulièrement lors de la crise financière.

    Sa communication a été suivie de celle de Monsieur Jean LORRAIN de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF-Québec) qui a abordé la question de la communication financière des entreprises cotées en période de crise. Monsieur Christian de BOISSIEU, Président de la Commission de Contrôle des Activités Financières (CCAF) de la Principauté de Monaco a enfin commenté le plan d'action issu de la réunion du G20, tenue à Londres le 02 avril 2009.

    Après plusieurs échanges sur ces différents sujets, les Présidents ont réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération et l'échange d'informations entre leurs autorités pour une meilleure régulation. Ils ont décidé que la prochaine réunion annuelle de l'IFREFI se tiendra en Belgique, au mois de mai 2010.

     

     

    2ème Journée

     

    La journée du 19 mai 2009, première journée de séminaire, a débuté avec deux allocutions prononcées successivement par Messieurs Jean-Paul SERVAIS, Président de la CBFA de Belgique et Edoh Kossi AMENOUNVE, Secrétaire Général du CREPMF. Les deux intervenants ont souligné l'importance de la formation des personnels des autorités de régulation comme élément essentiel pour une meilleure prise en charge des activités liées aux marchés. Ils ont salué la présence nombreuse des acteurs du marché et insisté sur la nécessité de renforcer la communication entre ces acteurs et les régulateurs surtout pendant cette période de crise.

    Les allocutions ont été suivies de deux conférences et de deux panels, comme ci-après :

     

    Conférence n°1 : «L'évaluation du risque des actifs financiers et la gestion de portefeuille des investisseurs institutionnels »

    Cette présentation a été faite par Monsieur Jean CASTELLINI, Secrétaire Général de la CCAF-Monaco. Le modérateur du panel était Monsieur Jean Paul SERVAIS, Président de l'IFREFI.

    L'exposé a porté sur les principaux points ci-après :

    -      les théories de la gestion de portefeuille et l'évaluation des actifs financiers,

    -      la présentation des modèles d'évaluation des actifs financiers : MEDAF, autres méthodes (Shapiro, Markowitz, Fama), etc.,

    -      le concept et la recherche de l'Alpha et du Bêta dans la gestion de portefeuille des investisseurs institutionnels,

    -      l'apparition, le développement et la gestion des Hedge Funds,

    -      la pratique de la diversification des actifs au sein du portefeuille ou « Asset allocation »,

    -      les règles de gestion des fonds de pension et des fonds souverains.

    Après avoir parcouru les différents points, Monsieur CASTELLINI a particulièrement souhaité que les fonds souverains qui sont des acteurs importants du marché soient soumis à un code de bonne conduite. Ceci est indispensable en raison de leur activité qui a largement contribué au soutien et à l'accompagnement du développement des marchés au cours de la dernière décennie.

    A la fin de cette communication, le modérateur, Monsieur Jean-Paul SERVAIS, Président de la CBFA, a fait ressortir les problématiques majeures de la présentation, à savoir :

    -      les nombreux défis que doivent relever les gestionnaires de fonds dans le cadre de leurs relations avec les clients investisseurs,

    -      les questions d'éthique liées à la trop grande confiance placée par les investisseurs institutionnels en certains gestionnaires professionnels réputés notamment ceux des Hedge Funds et le rôle des autorités de régulation dans la prévention des dérives,

    -      la nécessaire prise en compte des enseignements tirés de la crise financière dans les nouvelles orientations à donner à la problématique de la réglementation des fonds alternatifs.

     

    Les débats qui ont suivi ont permis de retenir les points ci-après :

     

    (1) la nécessité de donner de nouvelles orientations à la gestion d'actifs au plan mondial,

    (2) l'encadrement des activités des Hedge funds et le renforcement des pouvoirs des autorités de régulation dans la surveillance des activités de ces fonds,

    (3) l'amélioration de la communication d'informations entre les gestionnaires d'actifs et les investisseurs,

    (4) la conduite d'une réflexion sur l'influence du mode de rémunération des gestionnaires d'actifs sur leur prise de risque.

     

    Panel n°1 «La collecte et l'exploitation de l'information financière par les régulateurs sur les marchés émergents et l'éducation des investisseurs : situation actuelle et perspectives »

     

    Trois exposés ont alimenté ce panel. Ils ont été respectivement présentés par :

     

    -      Monsieur Ali AMRAMI, Chef du service Contrôle de l'Information, CDVM-Maroc,

     

    -      Madame Josée DESLAURIERS, Directrice des Fonds d'investissement et de l'information, AMF-Québec,

     

    -      Monsieur Bogdan CHETREANU, Membre du Cabinet de la CNVMR-Roumanie.

    Dans l'ensemble, les présentateurs ont exposé la méthode de collecte et d'exploitation de l'information financière dans leurs juridictions respectives. Il en ressort que tous les régulateurs ont des règles précises en matière de production et de diffusion d'information financière par les émetteurs. Ils ont également prévu des sanctions en cas de non respect de ces règles.

    Les expériences canadienne et marocaine ont été très édifiantes notamment sur les particularités relatives aux petites et moyennes entreprises ainsi qu'aux mécanismes d'instruction avec le régulateur (désignation d'un responsable de l'information financière).

    Les différents échanges qui ont suivi les présentations ont permis de conclure :

     

    (1) la nécessité du renforcement du contrôle, par le régulateur, des informations produites et diffusées par les émetteurs avec des instruments d'analyses appropriées,

    (2) la pertinence de la mise en place, au sein des sociétés ayant fait appel public à l'épargne, de déontologues et de responsables de l'information financière, interlocuteurs désignés pour interagir avec le régulateur,

    (3) l'importance de l'application, en cas d'infraction, de sanctions administratives, disciplinaires, pécuniaires ou judicaires,

    (4) la clarification des notions d'information importante, susceptible d'exercer une influence sensible sur les cours de bourse, en trouvant le juste équilibre entre la liberté donnée à l'émetteur en matière de communication de ces informations au marché et le souci d'information et/ou d'approbation préalable de ces information par les autorités de régulation.

     

    Conférence n°2 : les atouts et limites de la notation financière »

    L'ouverture de la seconde conférence de la journée a été faite par le modérateur, Monsieur Edoh Kossi AMENOUNVE, Secrétaire Général du CREPMF. Il a brièvement rappelé l'histoire et le développement de la pratique de la notation sur les marchés financiers. Il a ensuite présenté les principales questions sur lesquelles la conférence devrait se pencher, notamment la régulation des agences de notation, leur indépendance et les problèmes liés à l'adaptation de leurs méthodologies aux différents types de produits.

    Le conférencier, Monsieur Jean-Paul SERVAIS, a abordé les points ci-après :

    -      le développement, la définition et la typologie de la notation,

    -      le rôle de la notation dans la réduction de l'inefficience des marchés, notamment l'asymétrie de l'information,

    -      la configuration oligopolistique du marché mondial de la notation et ses conséquences pour la difficile régulation des « fat three » (Standard & Poor's, Moody's, Fitch Ratings)

    -      la problématique de l'indépendance des agences de régulation liée à leur mode de rémunération,

    -      les spécificités de la notation des produits structurés,

    -      l'expérience belge en matière de gestion de la crise du subprime,

    -      les nouvelles orientations au niveau européen en matière d'encadrement des agences de notation.

    Les débats qui ont suivi cette présentation ont abouti aux conclusions ci-après :

    -      l'opportunité de revoir les barrières à l'entrée afin d'assurer une véritable ouverture du marché de la notation à d'autres agences, notamment sur les marchés émergents,

    -      la nécessité de revoir l'étendue et le contenu des opinions émises par les agences de notation en raison des limites révélées par les différentes faillites d'institutions notées AAA lors de la crise financière internationale,

    -      la poursuite des réflexions en vue de trouver d'autres mécanismes d'appréciation du risque de défaut,

    -      la nécessité pour les investisseurs, en complément des notations attribuées par les agences, de s'approprier les prospectus et d'analyser eux-mêmes, avant toute décision d'investissement, les informations diffusées par les émetteurs,

    -      l'importance d'une réglementation universelle des agences de notation pour une meilleure efficacité de leur contrôle.

     

    Panel n°2 : «Le rôle des divers acteurs dans la diffusion de l'information financière : émetteurs, banquiers, Bourse, presse et médias »

    Quatre présentations ont été faites dans le cadre de ce panel dont le modérateur était Monsieur Georges CARTON DE TOURNAI, de la CBFA. Elles ont porté sur :

    -      l'organisation de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) d'Afrique de l'Ouest, les exigences de publication d'informations financières et la promotion de la culture boursière au sein de l'UEMOA,

     

    -      l'obligation réglementaire en matière d'information financière,

    -      la politique de communication financière du Groupe Bank of Africa,

    -      la présentation de la SONATEL, de sa politique de communication financière ainsi que la vie boursière du titre SONATEL,

    -      l'appui des médias à la diffusion de l'information financière ainsi qu'à la promotion de la culture boursière notamment sur les marchés émergents.

    Ces présentations ont permis de réaffirmer l'importance du rôle de ces acteurs aux côtés des autorités de régulation en vue d'améliorer la diffusion de l'information financière pour une meilleure efficience des marchés.

     

    3ème Journée

     

    Au cours de la journée du 20 mai 2009, seconde journée du séminaire IFREFI réservée aux autorités de régulation, les travaux ont consisté en deux panels et une conférence, comme ci-après :

     

    Panel n°2 : «Le rôle du régulateur dans l'appréciation des prix des instruments financiers offerts à la vente ou à l'achat »

     

    Les trois exposés de ce panel ont été respectivement présentés par :

    -      Monsieur Wilfried TAMEGNON, Cadre Supérieur au CREPMF,

    -      Monsieur Georges CARTON DE TOURNAI, Directeur, chef du service juridique de la CBFA-Belgique,

    -      Madame Josée DESLAURIERS, Directrice des fonds d'investissement et de l'information de l'AMF-Québec.

    Les présentateurs ont fait un tour d'horizon de l'évolution récente des Offres Publiques de Vente (OPV) et Offres Publiques d'Achat (OPA) à l'échelle internationale, présenté l'étendue et les limites des responsabilités du régulateur en matière de détermination du prix lors de ces opérations et examiné la question de la liberté de la formation des prix et le rôle du régulateur lors d'un appel public à l'épargne. L'accent a été surtout mis sur le principe selon lequel le régulateur ne se prononce pas sur l'opportunité de l'opération.

    Les différents échanges ont abouti aux deux principales conclusions ci-après :

    (1)      l'autorité de régulation ne doit pas se prononcer sur l'opportunité de l'opération, ni sur l'authenticité des éléments comptables et financiers présentés dans le cadre de la détermination du prix de l'offre,

    (2)      le rôle du régulateur en matière d'appréciation du prix des instruments financiers offerts doit consister à s'assurer que toutes les informations données afin de permettre à l'investisseur de prendre une décision éclairée sont suffisantes, cohérentes et pertinentes. Il doit veiller à ce que les hypothèses et modèles d'évaluation utilisés soient cohérents et clairement présentés,

    (3)      le renforcement du contrôle des prospectus d'émission notamment l'information relative au prix, en raison du contexte actuel de crise financière, par chaque autorité de régulation,

    (4)      l'utilité, dans certains cas, de recourir à l'avis d'experts indépendants pour établir le prix raisonnable des opérations sur le marché financier.

     

    Conférence n°3 : « la surveillance des marchés dans un contexte de crise boursière : les suspensions de cotation »

    L'ouverture de la conférence a été faite par le modérateur, Monsieur Robert COLLIN, chargé de mission à l'AMF-France, qui a brièvement rappelé les principales causes et les différents types de suspension de la cotation des valeurs sur les marchés financiers.

    Le conférencier, Monsieur CARTON DE TOURNAI a abordé les points ci-après :

    -      les suspensions dans l'attente de la diffusion d'une information,

    -      les suspensions tenant au fonctionnement du marché,

    -      les raisons amenant à une suspension,

    -      le moment pendant lequel il faut procéder à une suspension,

    -      l'instance habilitée à demander ou ordonner la suspension,

    -      le moment de la reprise de la cotation,

    -      les suspensions des titres cotés sur plusieurs marchés « multi-cotations ».

    Les débats ont permis d'approfondir les points ci-après :

    -      les situations qui doivent déclencher une suspension de cotation et celui qui en prend l'initiative,

    -      la nécessité pour les autorités de régulation de prendre leurs responsabilités pour suspendre la cotation lorsqu'une situation le nécessite même si l'initiative ne vient pas de l'entreprise de marché,

    -      l'importance, pour le régulateur, de connaître au moment de la suspension, les conditions dans lesquelles elle doit reprendre. En tout état de cause, la durée d'une telle mesure qui devrait être très courte,

    Par ailleurs, s'agissant du cas des sociétés cotées sur plusieurs marchés, la nécessité d'harmoniser des règles de suspension de cotation a été soulignée.

     

    Panel n°3 : «le contrôle des entreprises de marché dans le cadre du suivi de leurs activités»

    Trois exposés ont meublé cette partie. Ils ont été respectivement faits par :

    -      Monsieur Thomas ANANOUH, Directeur du Contrôle et de la Surveillance du Marché au CREPMF,

     

    -      Monsieur Robert COLLIN, chargé de mission au Service des Affaires Internationales de l'AMF-France,

     

    -      Monsieur Saber REHAYEM, Chef du Département des intervenants du marché tunisien, CMF-Tunisie.

     

    Dans l'ensemble, les présentateurs ont exposé sur leurs marchés respectifs, le cadre réglementaire des activités de contrôle des entreprises de marché après avoir passé en revue les conditions de leur agrément et les procédures y relatives. Ils ont souligné à tour de rôle la nécessité pour les autorités de régulation de renforcer leurs méthodes de contrôle et de surveillance des entreprises de marché dans la perspective de la prévention des risques liés au fonctionnement des bourses.

    A l'issue des échanges qui ont suivi les présentations, les participants ont abouti aux conclusions ci-après :

    (1) la nécessité de s'appuyer sur les principes de l'OICV pour une meilleure régulation des entreprises de marché,

    (2) l'appropriation des recommandations du G20 en vue de prévenir les crises boursières,

    (3) la mise en place d'un dispositif collégial de contrôle pour les marchés intègres.

     

    Conclusion

     

    A la fin des deux jours de séminaire, les participants ont débattu des conclusions ainsi que des besoins et thèmes des prochains séminaires de l'IFREFI. Au regard de ces échanges, les thèmes ci-après pourront être abordés :

    -      les méthodes d'évaluation et de valorisation des actifs,

    -      le rôle des intermédiaires financiers dans la fixation du prix des actifs et l'élaboration des prospectus d'émission,

    -      la revue juridique des prospectus et notes d'information,

    -      l'éducation et la formation des investisseurs,

    -      la surveillance prudentielle des intermédiaires boursiers,

    -      la diversification de portefeuille.

    Les travaux ont été clôturés par Monsieur Martin N. GBEDEY, Président du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF).

    Les activités sociales qui ont agrémenté la réunion se sont poursuivies le jeudi 21 mai 2009 par une visite de la ville historique de Ouidah.



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